Le Parc de la Rhonelle

Le poumon vert des anciens remparts

Pour comprendre pourquoi le Parc de la Rhonelle s'étend précisément à cet endroit, sur la frange sud du vieil hypercentre, il faut se pencher sur la métamorphose urbaine radicale qu'a connue Valenciennes à la fin du XIXe siècle.

Jusqu'à la fin des années 1880, Valenciennes étouffait littéralement, ceinturée par ses massifs remparts médiévaux, ses fossés et ses bastions de pierre hérités de l'époque de Vauban. En 1892, après des décennies de pression de la part des leaders industriels qui affirmaient que ces fortifications asphyxiaient le développement économique, la municipalité entame le chantier gigantesque du démantèlement de ses murs.

Plutôt que de revendre l'intégralité de ces terrains libérés à des usines ou à des promoteurs immobiliers, la ville choisit de réserver une large portion de la zone défensive sud pour y créer un parc public de premier ordre. Dessiné par le célèbre architecte paysagiste Henri Martinet et inauguré en 1904, le Parc de la Rhonelle est un modèle d'élégance du jardin à l'anglaise, caractérisé par de vastes pelouses vallonnées, des allées sinueuses, des pièces d'eau aux formes organiques et des bouquets asymétriques d'arbres exotiques.

Vous pouvez situer ce havre de verdure historique via le Guide de navigation Google Maps du Parc de la Rhonelle.

Les points forts architecturaux et techniques

Le parc est bien plus qu'une simple collection de parterres de fleurs ; c'est un environnement minutieusement façonné pour mettre en valeur la fierté civique, l'héritage artistique et la maîtrise de l'ingénierie hydraulique.

  • L'aménagement hydraulique de la rivière : Le parc tire son nom de la Rhônelle, une petite rivière qui, historiquement, pénétrait dans la ville pour alimenter les douves défensives et faire tourner les moulins. Henri Martinet a détourné une partie de ce réseau hydrographique directement au cœur du parc, donnant vie à un système de lacs pittoresques en cascade, reliés par des chutes d'eau artificielles, des rocailles et de charmants ponts rustiques.

  • Une galerie de sculptures en plein air : Fidèle à son surnom du XIXe siècle d'« Athènes du Nord » — dû au nombre impressionnant d'artistes majeurs nés ici comme Antoine Watteau ou Jean-Baptiste Carpeaux —, le parc fait office de musée à ciel ouvert. Ses allées sinueuses sont jalonnées de monuments originaux et de sculptures en bronze, incluant des œuvres de sculpteurs locaux de renom tels que Carpeaux et Félix Desruelles.

  • Le Grand Kiosque à musique : Perché sur une terrasse surélevée qui domine les grandes pelouses, ce kiosque à musique typique de la Belle Époque arbore des piliers en fer forgé aux détails finement travaillés et une toiture circulaire élancée. Cet élément architectural servait de point d'ancrage pour les concerts municipaux du week-end, un rituel social majeur qui permettait de rassembler toutes les classes de la ville — des riches industriels du textile aux mineurs de fond — au sein d'un même sanctuaire public partagé.

Préparer votre visite

Aujourd'hui, le Parc de la Rhonelle demeure le principal poumon vert de Valenciennes. Sa canopée majestueuse — composée de cyprès chauves centenaires, de saules pleureurs et de hêtres massifs — dessine à la perfection les contours disparus des anciens bastions qui gardaient autrefois la frontière sud de la cité médiévale.

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