Place d’Armes

Le cœur battant de Valenciennes

Le centre névralgique de la cité, théâtre de guerres et de renaissances, et cœur historique de Valenciennes.

Si Valenciennes avait un salon, ce serait la Place d'Armes. Située au centre exact de la ville, cette immense place publique est le point de convergence absolu de la vie civique, de la mémoire historique et du pouvoir politique. Qu'il s'agisse d'accueillir les marchés médiévaux ou de survivre à des incendies catastrophiques, la Place d'Armes n'a cessé d'être détruite et reconstruite au fil des siècles, évoluant vers un saisissant théâtre où s'affrontent différentes époques architecturales. Vous pouvez situer ce lieu central via le Guide de navigation Google Maps de la Place d'Armes.

L'évolution du lieu : Incendie, destruction et renaissance

La configuration architecturale actuelle de la Place d'Armes est la conséquence directe des conflits les plus dévastateurs du XXe siècle.

  • Le forum médiéval et le fantôme du beffroi : Au Moyen Âge, la place était plus étroite et dense. Elle était historiquement dominée par un imposant beffroi civique du XIVe siècle, symbole ultime de l'indépendance municipale. Ce beffroi abritait une légendaire horloge astronomique de la Renaissance, chef-d'œuvre doté d'automates en bois (les jacquemarts) qui sonnaient les cloches, suivaient les phases de la lune et cartographiaient la course du soleil à travers le zodiaque. Tragiquement, ce vénérable beffroi s'est effondré en avril 1840, emportant à jamais l'horloge et modifiant la silhouette de la place.

  • Le cataclysme de 1940 : Le tournant décisif pour la Place d'Armes survient pendant la Seconde Guerre mondiale. En mai 1940, un incendie monstrueux et incontrôlable ravage le cœur de Valenciennes, réduisant entièrement en cendres le centre-ville historique dans un rayon de 500 mètres autour de la place.

  • La perte du Théâtre Municipal : Parmi les victimes architecturales du brasier de 1940 figurait le grand Théâtre Municipal de style néoclassique. Construit entre 1781 et 1787 sur le site de l'ancienne Halle au blé, ce fleuron culturel a défini la bordure ouest de la place pendant plus de 150 ans avant d'être totalement réduit en cendres.

Un conte de contrastes architecturaux

L'aménagement de la place est aujourd'hui défini par un contraste saisissant entre les alignements de pierre classiques de la première reconstruction et le bloc post-guerre monumental qui lui fait face.

Les côtés nord et latéraux : La reconstruction en pierre d'après-guerre

Après la Libération, le ministère de la Reconstruction confie la reconstruction du centre-ville aux architectes en chef Albert LapradeMaurice Vandenbeusch et Jean Vergnaud. Ils imaginent un classicisme uniforme et solennel pour les bâtiments entourant l'Hôtel de Ville.

Ils édifient de majestueux alignements d'immeubles en pierre blanche massive. Ces îlots intègrent d'élégantes galeries commerciales à arcades au rez-de-chaussée, des piliers en pierre de taille et de hauts toits en ardoise traditionnels, conçus pour respecter les lignes formelles du classicisme du nord de la France.

Le coin des miracles : Le numéro 36 et son voisin Au milieu de cette reconstruction uniforme en pierre se dresse un extraordinaire témoignage de survie : les immeubles historiques situés à l'angle du n°36 de la Place d'Armes et la propriété directement adjacente. Alors que la tempête de feu de 1940 a systématiquement rasé la quasi-totalité des habitations privées de la place, ces quelques structures ont miraculeusement échappé à la destruction. Aujourd'hui, elles brisent le rythme régulier des architectes d'après-guerre et s'ouvrent comme de précieuses fenêtres sur le tissu architectural d'avant-guerre.

Le côté opposé : Le bloc moderniste en béton

Faisant directement face à l'Hôtel de Ville se dresse le pivot architectural le plus débattu et le plus marquant de la place : un imposant bloc de béton de l'après-guerre.

Souvent étudié par les étudiants en architecture comme un exemple régional de premier plan de la reconstruction rationaliste et des débuts du brutalisme, cette structure imposante a été conçue par Laprade et Vergnaud pour insuffler un « esprit moderne » au centre-ville. Construit avec des lignes de béton lourdes, des rangées de fenêtres géométriques épurées et des proportions massives, cet ensemble unifié a été pensé pour maximiser l'espace disponible pour les commerçants et les résidents de retour, contrastant délibérément avec la façade en pierre classique située de l'autre côté de la place.

Les grands repères historiques de la place

Malgré les ravages de la Seconde Guerre mondiale, la place reste ancrée par deux monuments extraordinaires qui jettent un pont entre l'histoire ancienne et l'art contemporain.

  • L'Hôtel de Ville Dominant tout le côté nord de la place, le majestueux Hôtel de Ville est un triomphe absolu de résilience.

    • L'architecture : Construit à l'origine au XVIIe siècle, sa spectaculaire façade extérieure a été profondément remaniée en 1867 pour afficher un mélange opulent de classicisme français et de style Renaissance flamande. Le fronton monumental qui couronne la toiture est l'œuvre du légendaire sculpteur local Jean-Baptiste Carpeaux ; il représente les figures allégoriques de Valenciennes défendant ses frontières.

    • Le miracle intérieur : Si l'incendie de 1940 a entièrement ravagé l'édifice — ne laissant qu'une coque de pierre calcinée et vide —, la précieuse façade historique en pierre a miraculeusement survécu. L'intérieur a été entièrement reconstruit sous la direction de Jean Vergnaud, adoptant un aménagement moderne et épuré typique du milieu du siècle, dissimulé derrière les maçonneries historiques du XIXe siècle.

  • « L'Aiguille » (Le monument des Litanies) En décembre 2007, la ville a achevé son grand projet de rénovation urbaine « Cœur de Ville » en installant un repère futuriste et audacieux à l'endroit précis où s'élevait l'ancien beffroi médiéval.

    • Le design : Imaginé par l'artiste international Jean-Bernard Métais, ce monument saisissant prend la forme d'une aiguille en acier de 45 mètres de haut pointant directement vers le ciel.

    • La sculpture murmurante : Baptisée « Litanies », la structure est entièrement creuse et équipée d'un système audio complexe. Elle diffuse en continu le murmure doux et surréaliste de milliers de voix lisant des mots, des secrets et des textes historiques collectés auprès des habitants de Valenciennes, rattachant ainsi la place moderne à ses racines de forum public ouvert.

La place aujourd'hui et accès Transvilles

Aujourd'hui, la Place d'Armes est entièrement piétonne, créant une immense esplanade pour les terrasses de café, le très animé Marché de Noël annuel et les défilés du folklore local.

Bien que le réseau de tramway Transvilles (lignes T1 et T2) ne traverse pas directement les pavés de la place, il circule de manière fluide le long de l'artère de transport située juste une rue derrière, sur la Rue de la Vieille Poissonnerie. Les visiteurs peuvent descendre à la station de tramway très fréquentée Hôtel de Ville et traverser les arcades en pierre pour déboucher directement sur la place.

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